Au cœur de l’Amérique latine, le Brésil s’impose comme une puissance économique aux fondamentaux solides. Son dynamisme dans le commerce international ne se dément pas, comme en témoigne son excédent commercial qui se maintient à un niveau historiquement élevé. La complexité de son économie, à la fois exportatrice de matières premières vitales pour la planète et importatrice de biens manufacturés pour son marché interne, en fait un partenaire incontournable. Cet article dresse un portrait actualisé des flux d’import-export du géant vert, explorant ses forces à l’exportation, ses besoins à l’importation, et les stratégies qui façonnent son avenir économique. Une analyse des tendances récentes, notamment les performances enregistrées au cours de l’année 2025, révèle les réalités et les ambitions de ce pays-continent.
Un performance commerciale robuste
L’année 2025 confirme la résilience de l’économie brésilienne sur la scène internationale. Selon les données officielles, le solde commercial, bien qu’en repli par rapport au record de 2023, affiche un excédent substantiel de 74,6 milliards de dollars en 2024, représentant 3,3% du PIB. Sur les sept premiers mois de 2025, le surplus commercial a atteint 37 milliards de dollars. Ce résultat est le fruit d’exportations d’une valeur de 198 milliards de dollars entre janvier et juillet 2025, en légère hausse par rapport à la même période de 2024. Le mois de juillet 2025 a été particulièrement significatif, avec une croissance des exportations de 4,8% en valeur et de 7,2% en volume par rapport à juillet 2024. Dans le même temps, les importations ont progressé de 8,4% en juillet pour atteindre 25,2 milliards de dollars, reflétant la vigueur de la demande intérieure pour les biens de consommation, les biens d’équipement et les intrants intermédiaires. Cette dynamique illustre l’équilibre que le pays doit trouver entre sa force exportatrice et les besoins de son économie domestique.
Les piliers de l’exportation brésilienne : des commodités qui pèsent lourd
Le profil des exportations brésiliennes est dominé par les produits primaires, une caractéristique structurelle qui confère à la fois sa force et sa sensibilité aux cours mondiaux. Le pays est un fournisseur agroalimentaire et minier de premier plan à l’échelle globale. Le pétrole brut est devenu en 2024 le premier produit d’exportation du pays, représentant 13,3% du total des ventes à l’étranger. Les produits agricoles, comme le soja – auparavant leader –, le café et la viande bovine, restent des piliers essentiels, même s’ils peuvent connaître des fluctuations en fonction des récoltes. Les minerais de fer complètent ce trio de tête, alimentant les industries sidérurgiques mondiales.
- Diversification sectorielle : Si l’agriculture et les industries extractives dominent, le secteur de la transformation affiche une croissance soutenue. Les exportations des produits manufacturiers ont enregistré la plus forte croissance en valeur en juillet 2025 (+7,4%), devant le secteur extractif (+3,6%). Cette progression indique une lente mais réelle évolution vers une offre exportable plus diversifiée.
- Destinations géographiques : La carte des partenaires d’exportation du Brésil est marquée par la prééminence de la Chine, qui absorbe à elle seule 28% des exportations, principalement du soja, du pétrole brut et du minerai de fer. Les États-Unis se maintiennent comme deuxième client (12% des exportations), achetant notamment du pétrole et des produits semi-finis. L’Union européenne et des voisins comme l’Argentine sont également des marchés clés, cette dernière étant une destination privilégiée pour les véhicules et pièces automobiles.
Les importations : le carburant de l’industrie et de la consommation
Pour soutenir son vaste marché intérieur et ses infrastructures, le Brésil est un importateur majeur de biens manufacturés, qui représentent 91% de la valeur totale de ses achats à l’étranger. La structure des importations révèle les besoins stratégiques de son économie.
- Énergie et intrants : Le pétrole raffiné est le premier produit importé, une particularité pour un pays exportateur de brut, qui s’explique par des capacités de raffinage nationales encore limitées. Les engrais constituent le deuxième poste d’importation (environ 14,7 milliards de dollars), crucial pour son agronégoce, avec la Russie et la Chine comme principaux fournisseurs.
- Biens d’équipement et de consommation : Les machines et l’équipement électrique (y compris les ordinateurs) arrivent en tête des importations, avec des valeurs respectives avoisinant les 35 et 29 milliards de dollars, essentiellement fournis par la Chine, les États-Unis et l’Allemagne. Les véhicules, les produits pharmaceutiques et les produits chimiques organiques figurent également parmi les importations majeures, répondant aux besoins de la population et des industries locales.
Tendances, défis et stratégies pour l’avenir
Le paysage du commerce extérieur brésilien est en mutation, influencé par la politique gouvernementale et le contexte international. Le gouvernement actuel poursuit une diplomatie commerciale active, cherchant à diversifier les partenariats tout en protégeant certaines industries naissantes. La finalisation de l’accord entre le MERCOSUR et l’Union européenne représente un enjeu majeur pour l’avenir, promettant un accès préférentiel à un marché de hundreds of millions de consommateurs.
Un défi immédiat en 2025 est la montée des tensions commerciales, comme l’imposition de tarifs douaniers par les États-Unis sur certains produits brésiliens. En réponse, le Brésil étudie des mesures de réciprocité et accélère la diversification de ses débouchés, notamment vers l’Inde et les pays d’Asie du Sud-Est, où les ventes de pétrole et de produits agricoles sont en forte croissance. Parallèlement, la dépréciation du real face au dollar en 2024 rend ses exportations plus compétitives, mais renchérit le coût des importations, ce qui pourrait freiner la croissance des achats internationaux en 2025. Enfin, le développement d’infrastructures logistiques, en particulier ferroviaires, pour désenclaver les régions productrices et réduire les coûts de transport, reste un levier essentiel pour consolider la position du pays sur les marchés mondiaux.Le Brésil se présente en 2025 comme un acteur incontournable du commerce mondial, dont la trajectoire est aussi prometteuse que complexe. Sa capacité à générer des excédents commerciaux massifs grâce à ses ressources naturelles exceptionnelles est un atout indéniable. Cependant, l’analyse de sa structure d’import-export révèle les défis structurels qu’il doit relever : une dépendance encore forte aux cours des commodités, la nécessité d’importer des biens de haute technologie pour son développement, et la vulnérabilité face aux aléas géopolitiques. La stratégie brésilienne semble désormais double. D’une part, il s’agit de capitaliser sur ses avantages comparatifs naturels dans l’agriculture et l’énergie, en modernisant les chaînes logistiques et en ouvrant de nouveaux marchés, notamment en Asie. D’autre part, le pays cherche à ajouter de la valeur à ses exportations et à développer son tissu industriel pour réduire sa dépendance aux importations sur le long terme. La réussite de cet équilibre déterminera non seulement la prospérité économique du pays, mais aussi son influence sur la scène internationale dans les décennies à venir. La vigilance s’impose quant à l’évolution des partenariats stratégiques et des politiques commerciales, qui sculptent mois après mois le visage du géant sud-américain.
