Le Nicaragua, souvent surnommé la « Terre des lacs et des volcans », représente un marché unique en Amérique centrale. Malgré un contexte géopolitique complexe, son économie affiche une résilience certaine, portée par une diversification économique progressive et une intégration régionale solide. Pour les entreprises internationales, le pays offre des perspectives intéressantes en matière d’import-export, notamment grâce à des accords commerciaux avantageux et une position géostratégique. Alors que de nouvelles réglementations visent explicitement à booster l’investissement étranger, il devient crucial de décrypter les réalités du commerce avec le Nicaragua. Cet article se propose d’offrir une analyse experte et actualisée des flux commerciaux, des opportunités sectorielles et des défis logistiques à relever pour réussir son implantation sur ce marché en mutation.
Le paysage commercial actuel du Nicaragua
Le commerce international est vital pour le Nicaragua, représentant plus de 115 % de son Produit Intérieur Brut (PIB). Les récentes statistiques montrent une dynamique positive. Au premier semestre 2025, le déficit commercial du pays s’est réduit de 16,3 % par rapport à la même période en 2024, pour s’établir à 1 147,6 millions de dollars. Cette amélioration est principalement due à une croissance des exportations plus forte que celle des importations. Les exportations totales de biens ont atteint 4 441,1 millions de dollars, en hausse de 12,5 %, tirées par les performances des secteurs agricole (+48,7 %), minier (+31,5 %) et de la pêche (+13 %). À l’inverse, les importations ont progressé plus modestement (+5,1 %) pour s’élever à 5 588,7 millions de dollars.
Principaux partenaires et produits
Les États-Unis restent le partenaire commercial privilégié du Nicaragua. En 2023, ils absorbaient plus de 50 % de ses exportations et fournissait près de 25 % de ses importations. Cette relation est encadrée par l’accord de libre-échange CAFTA-DR, qui facilite grandement les échanges. Les autres partenaires majeurs sont le Mexique, les pays centraméricains voisins et la Chine.
La structure des écoles est caractéristique de l’économie nicaraguayenne :
- Exportations : Produits agricoles (café, bétail), textile, or, cigares.
- Importations : Pétrole et dérivés, machines, équipements électroniques, produits chimiques et pharmaceutiques.
Les opportunités pour les exportateurs internationaux
Des secteurs porteurs identifiés
Plusieurs secteurs offrent des débouchés prometteurs pour les entreprises étrangères. L’agro-industrie, la fabrication de pièces automobiles et le tourisme d’aventure sont pointés comme des niches à fort potentiel de croissance. La demande pour des biens de consommation de qualité, des équipements industriels et des produits pharmaceutiques reste soutenue. La bonification récente des exportations agricoles, grâce à la hausse des cours internationaux du café et du bétail, renforce le pouvoir d’achat de certains acteurs économiques locaux.
Un cadre réglementaire modernisé
Une avancée significative est intervenue en mai 2025 avec l’entrée en vigueur du Règlement de la Loi sur l’Investissement Étranger. Cette réforme vise à renforcer la transparence et l’efficacité en créant une Commission Nationale de l’Investissement Étranger (CNIE) et un Comité Technique pour les Investissements Stratégiques. Elle introduit également un Certificat Unique d’Enregistrement des Investissements Étrangers (RUIE), désormais obligatoire pour formaliser les opérations économiques. Les investissements existants disposaient d’un délai de 120 jours à compter du 26 mai 2025 pour se conformer à cette nouvelle réglementation, démontrant la volonté des autorités de clarifier le cadre légal.
Les défis et contraintes de l’import-export au Nicaragua
Un environnement des affaires complexe
Opérer au Nicaragua n’est pas sans défis. Les infrastructures de transport, bien qu’en amélioration, présentent des lacunes, particulièrement sur la côte caraïbe et pour l’accès aux zones reculées. Le réseau ferroviaire est, quant à lui, inexistant. Les entreprises doivent également composer avec une bureaucratie souvent décrite comme lente et imprévisible, pouvant entraîner des retards au dédouanement, des valuations arbitraires ou des amendes excessives. La faiblesse du système judiciaire limite les recours en cas de litige administratif.
Restrictions et contrôles accrus
Il est impératif de se conformer aux listes de produits sous restriction ou interdits à l’importation. Sont notamment concernés les véhicules de plus de dix ans, les vêtements d’occasion, les pneus usagés et certains types de machines anciennes. De plus, des permis spéciaux sont requis pour une large gamme de produits comme les produits chimiques industriels, les aliments pour animaux, les pesticides, les armes, les denrées alimentaires et les médicaments. Depuis mars 2024, les entreprises doivent aussi être conscientes du renforcement des contrôles à l’exportation par les États-Unis sur les produits à double usage (civil et militaire) à destination du Nicaragua, reflétant les tensions géopolitiques.
Conseils pratiques pour une implantation réussie
Maîtriser la logistique et la documentation
Le transport maritime via le port de Corinto sur la côte Pacifique est la méthode la plus courante. Un nouveau port en eaux profondes sur la Caraïbe est prévu pour 2028, ce qui devrait améliorer les capacités logistiques. Pour réussir ses opérations d’import-export, il est crucial de préparer minutieusement les documents requis : connaissement, liste de colisage, facture originale, déclaration d’authenticité de la facture, et surtout, le certificat d’origine. La question de la « preuve d’origine » est particulièrement scrutée par les douanes nicaraguayennes, même pour les produits provenant des États-Unis.
Bénéficier des accords de libre-échange
Le cadre offert par le CAFTA-DR est un atout majeur pour les exportateurs américains. Grâce à cet accord, 100 % des biens de consommation et industriels américains, ainsi que plus de la moitié des produits agricoles, entrent au Nicaragua en franchise de droits. Les droits de douane restants sur les produits agricoles doivent être éliminés d’ici 2025. Pour les autres pays, le tarif douanier maximum au sein du Marché Commun Centraméricain (MCC) est généralement plafonné à 15 %. Une consultation des bases de données tarifaires en ligne est recommandée pour confirmer les droits applicables.
Le Nicaragua se présente comme un marché aux contrastes marqués, où les défis logistiques et bureaucratiques côtoient des opportunités commerciales réelles et un cadre réglementaire en cours de modernisation. La récente réforme de la loi sur l’investissement étranger, entrée en vigueur en 2025, envoie un signal positif aux investisseurs internationaux en cherchant à instaurer plus de transparence et de stabilité. La réduction du déficit commercial observée en 2025, portée par une vigoureuse croissance des exportations agricoles et minières, témoigne d’une dynamique économique résiliente. Pour réussir dans le secteur import-export nicaraguayen, une approche méthodique et bien informée est indispensable. Cette dernière doit intégrer une connaissance fine des accords commerciaux comme le CAFTA-DR, une attention particulière aux procédures douanières souvent complexes, et une sélection rigoureuse des secteurs porteurs tels que l’agro-industrie, les équipements ou les biens de consommation. Malgré un environnement géopolitique qui impose une vigilance accrue, notamment concernant les contrôles à l’exportation mis en place par les États-Unis, le Nicaragua conserve un potentiel indéniable pour les entreprises qui savent naviguer avec pragmatisme et patience. La clé du succès réside dans un partenariat solide avec un acteur local fiable et une compréhension profonde des réalités du terrain.
